Un sol en pente !
L’architecte travaille main dans la main avec l’abbé Roulin qui lui exprime son souhait de faire officier le prêtre face à l’assemblée, ce qui, pour l’époque, est très novateur et doit être validé par le Cardinal, seul habilité à en donner l’autorisation. Louis Chouinard le rencontre pour lui présenter son esquisse et les aménagements qui en découlent, à savoir un maître-autel au centre du chœur, rapproché de l’assemblée, et l’implantation du tabernacle sur une paroi latérale. Autre innovation : un sol légèrement en pente de l’entrée vers le chœur pour assurer une meilleure visibilité aux fidèles. Son projet reçoit l’aval du Cardinal, il peut alors se consacrer à la poursuite des études nécessaires à la construction de l’édifice.
Comme pour toutes ses grandes réalisations d’après-guerre, il aura recours au schiste violet veiné de vert extrait de la carrière du Rohuet, au Verger.
La charpente est soutenue par une suite d’arcs brisés en béton armé, et 14 lucarnes verticales éclairent la partie supérieure de la voûte. Le clocher carré occupe le centre de la façade et protège de son porche l’entrée de l’église. Il est surmonté d’une flèche octogonale qui culmine à 47,30 mètres. Pendant ce temps, l’abbé Roulin se démène pour récolter des fonds, sillonnant la France entière, visitant la Suisse, le Canada et les États-Unis. Il en rapporte des capitaux importants qui permettront d’aider au financement de l’église, mais également du presbytère et des écoles catholiques.
Le béton monté à dos d’homme
Le chantier rassemble une bonne quarantaine de compagnons : manœuvres, tailleurs de pierre, maçons, coffreurs, ferrailleurs, enduiseurs… et même un forgeron exclusivement affecté pour affûter les différents outils. Le coulage d’un arc d’ogive demande à lui seul une pleine journée de travail, et dans sa partie supérieure le béton est monté à l’échelle, à dos d’homme. Malgré des semaines de travail de 48 heures, on ne déplore aucun accident corporel notable pendant toute la durée du chantier. L’architecte s’est adjoint également le concours de quelques spécialistes comme le maître-verrier Gabriel Loire de Chartres-en-Beauce pour les vitraux, le maître organier Wolf pour le buffet d’orgue, ou bien encore le menuisier-ébéniste Georges Rual pour la porte d’entrée en chêne massif et les équipements intérieurs en sycomore et iroko. Le 30 mars 1954 voit enfin l’aboutissement de longues années de labeur avec la consécration par le Cardinal Roques de la nouvelle église de Bruz, en présence de quelques personnalités civiles, religieuses et militaires. La population est également venue en nombre, avec à sa tête son premier magistrat, Joseph Jan, élu maire en mars 1950.
Ces informations et les photos sont tirées du livret L’église St-Martin de Bruz rédigé par Etienne Chouinard, fils de Louis Chouinard. Cet ouvrage est disponible gratuitement à l’Office de Tourisme de Bruz et à l’accueil de la mairie.
Pour les visites, contacter :
- l’Office de Tourisme au 02 99 05 56 56
- le presbytère au 02 99 52 61 17.







