Depuis cet été, vingt-neuf brebis « Landes de Bretagne » et leurs petits pâturent dans leurs enclos du parc de l’An 2000. La Ville s’appuie sur ces auxiliaires à quatre pattes pour promouvoir une gestion raisonnée, propre et biologique, de ses espaces verts.

« L’origine du mouton Landes de Bretagne remonte au Moyen Âge. Avec sa petite taille (65 à 75 cm pour un poids de 30 à 60 kg) et sa rusticité, c’était la race la plus commune dans l’Ouest de la France. Elle était menacée de disparition parce que ce n’est pas une race bouchère, et elle était plutôt élevée pour sa laine, brune ou blanche à l’image des costumes traditionnels, et pour l’entretien des landes. Grâce à deux éleveurs du Parc régional de Brière, mais aussi des chercheurs de l’Écomusée de Rennes et du parc d’Armorique, la race a été préservée. Le cheptel est ainsi passé de 60 têtes en 1987 à 3 000 aujourd’hui », explique Mickaël Jaunay, paysagiste spécialiste de l’éco-pâturage urbain.

À Bruz, les Landes de Bretagne ont trouvé un espace à leur mesure : suffisamment d’herbe, de l’eau, des abris et les soins attentifs de Mickaël qui passe les voir chaque semaine. « Ce sont des animaux sociables, dociles, calmes, qui viennent facilement à la rencontre des promeneurs du parc. Mais il ne faut absolument pas les nourrir : le pain gonfle dans leur estomac et peut les rendre très malades. »

Ce sont aussi des animaux solides. Moutons de plein air, ils savent s’adapter aux différents milieux bretons, humides ou secs. « Ils peuvent tirer parti des sols pauvres, résistent au froid et ne sont pas sujets aux maladies des pattes. Les brebis sont capables d’agneler seules, sans intervention humaine », rappelle Michaël.

Une aptitude reconnue à l’éco-pastoralisme

Pour la Ville, ce ne sont pas des « tondeuses » mais d’excellents acteurs de la protection de l’environnement, dont il convient de protéger la race. Ces moutons ont des aptitudes particulières à l’éco-pastoralisme* du fait de leur rusticité et de leur capacité à limiter les ligneux-épineux (petits chênes, genêts…). Les prés où les moutons pâturent accueillent une grande diversité de plantes et d‘insectes, qui sont autant d’indicateurs de la bonne santé de leur environnement.

Le retour des moutons au parc de l’An 2000 permet donc de gérer le parc de manière naturelle, de respecter l’interdiction des traitements phytosanitaires, de favoriser la réduction de l’impact carbone, de supprimer les nuisances liées au bruit des engins agricoles, d’assurer le suivi rigoureux des sites mais aussi de préserver un savoir-faire ancestral comme la tonte et la préparation de la laine. Une réflexion pour étendre ce mode de gestion à d’autres parcelles du territoire est en cours.

La présence des animaux contribue aussi à entretenir le lien social entre les visiteurs du parc, et permettrait à terme de proposer des animations pédagogiques.

* Mode d’entretien ou de gestion écologique des espaces par le pâturage d’herbivores domestiques.